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Avoir deux enfants rapprochés : mon vécu entre amour, peur et culpabilité

Deux enfants rapprochés partageant un câlin après la naissance du deuxième bébé

Ces dernières semaines, trois mamans m’ont posé la même question :

« Comment ça s’est passé pour toi avec deux enfants rapprochés ? »


Alors j’ai eu envie de répondre ici, avec sincérité, parce que peut-être qu’une maman qui lit ces mots en a besoin.


Quand j’ai appris que j’attendais mon deuxième bébé, j’ai ressenti une joie immense… mais aussi une peur immense.


La peur de ne plus avoir assez de temps pour mon premier bébé.

Mon tout petit. Celui qui avait encore besoin de moi pour tellement de choses.


J’étais heureuse de construire une famille à quatre, mais une petite voix dans ma tête me disait :

« Est-ce que je vais réussir à continuer à lui donner autant d’amour ? Est-ce que je ne suis pas en train de lui enlever une partie de sa maman ? »


Et cette culpabilité de maman avec l’arrivée d’un deuxième bébé a commencé alors même qu’il était encore seul avec moi.


Pendant ma grossesse, il y a eu des choix difficiles. Être enceinte avec un enfant en bas âge demande parfois de jongler entre ses besoins et ceux du bébé à venir.


Mon fils était gardé deux jours par semaine à cette époque, et je profitais de ces journées pour rester alitée et protéger la grossesse. Mais les autres jours, il fallait continuer.


Il fallait le porter, jouer, courir après lui, répondre à ses besoins… comme si je n’avais pas déjà un bébé qui grandissait dans mon ventre.


Et parfois je m’en voulais.


Je me demandais si je faisais les bons choix. Si je le portais assez. Si je lui donnais assez....


Je crois que beaucoup de mamans qui préparent leur enfant à l’arrivée d’un bébé ressentent cette peur : celle de bouleverser l’équilibre, de retirer une partie de leur présence à leur premier enfant.


Puis ma fille est arrivée.


Et là encore, tout a été mélangé.

La joie de rencontrer mon bébé. La fatigue immense après un accouchement compliqué par une hémorragie de la délivrance. Et cette sensation étrange de laisser derrière moi mon premier bébé alors que je partais à la maternité.


Puis il y a eu le retour à la maison.


Un petit bébé de quelques jours. Un enfant de 2 ans qui avait encore besoin de sa maman. Des nuits courtes. Un quotidien à réinventer.


Et au milieu de tout ça, l’allaitement. Un moment qui était censé être notre bulle à ma fille et moi… mais qui m’a aussi donné l’impression que mon fils prenait de la distance.


Il me rejetait parfois.


Parce que j’étais souvent avec sa sœur. Parce que mes bras étaient occupés. Parce que notre monde venait de changer.


Et ça faisait mal.


Je crois que ce qui m’a le plus marquée, c’est cette envie presque viscérale de dépasser la fatigue, la douleur, le manque de sommeil… juste pour avoir un moment seule avec mon premier enfant.

Une balade.

Un jeu.

Un câlin sans bébé dans les bras.

Juste lui et moi.


Mais au milieu de toutes ces émotions, il y a eu un moment que je n’oublierai jamais.

La première rencontre avec sa petite sœur.

J’entends encore sa petite voix dire :

« Wooooow… »

En la découvrant.


Ses gestes tout doux. Sa façon de s’approcher délicatement. Son regard rempli de curiosité. Et cette manière qu’il a encore de l’appeler : « ma puce ».

La première rencontre entre frère et sœur : un moment gravé pour toujours

À ce moment-là, j’ai compris quelque chose.


Oui, avoir deux enfants rapprochés allait être intense.

Oui, j’allais douter.

Oui, j’allais avoir peur de ne pas faire assez.

Mais l’amour ne se divise pas.

Il grandit.


Aujourd’hui, ils ont 2 ans et 4 ans.


Ils jouent ensemble.

Ils se chamaillent (beaucoup).

Ils apprennent à partager, à patienter, à s’aimer.


Et si c’était à refaire, je referais tout pareil.


Parce qu’au fond, ce que j’avais peur de lui enlever… je lui ai aussi offert.

Une sœur.

Une complice.

Une petite personne qui sera là tout au long de sa vie.


Alors si tu es enceinte de ton deuxième bébé, si tu as peur de ne pas réussir à gérer, si tu culpabilises déjà… Je veux juste te dire une chose : Tes sentiments sont légitimes.


Tu peux être heureuse et inquiète en même temps.

Tu peux avoir hâte et avoir peur.

Tu peux aimer ton bébé qui arrive et avoir le cœur serré pour celui qui est déjà là.

Peut-être que ce sera intense.

Peut-être qu’il y aura des jours où tu auras l’impression de ne pas avoir la force d'y arriver.


Mais tu es capable.


Une sœur. Une complice. Une petite personne qui sera là tout au long de sa vie.

Et surtout… ça en vaut la peine ❤️


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